Identifier une influence de ses ancêtres à partir de sa généalogie

Pourquoi il ne faut pas suivre la piste de la psycho-généalogie …

En travaillant sur un arbre généalogique, la psycho-généalogie s’intéresse à des ancêtres considérés comme les dépositaires de traumatismes, de conflits ou de secrets dont la transmission a pu affecter les générations récentes.

Or l’influence exercée par des ancêtres que l’on cherche à identifier avec des méthodes historiques (également appliquées sur des informations généalogiques) ne consiste pas en une recherche de traumatismes selon un angle psychologique. La démarche ne poursuit d’ailleurs aucun but thérapeutique.

L’influence exercée par des ancêtres peut aussi être identifiée en recourant à des méthodes inspirées de l’histoire ou de la sociologie historique. ces méthodes échappent aux habituelles remises en causes sur les fondements scientifiques que subit la psycho-généalogie.

Le propos n’est d’ailleurs pas ici d’entrer dans ce débat.

Chaque vie est perméable à une multitude d’influences 

La façon de s’habiller est en partie dictée par la mode, la façon de travailler est souvent dictée par des technologies … Une diversité de facteurs interviennent dans la façon dont notre vie est perméable à des influences.

En réalité, les mécanismes à l’œuvre pour nous influencer sont hybrides :

Ils proviennent par exemple à la fois de l’éducation reçue et des propres valeurs auxquelles nous décidons d’adhérer. Sans que l’on sache toujours clairement départager leur part respective.

Ainsi, une personne n’aime pas des tatouages parce qu’elle ne les trouve pas esthétiques (= l’influence de son opinion personnelle) et cette même personne pourrait aussi avoir reçu l’influence d’une éducation religieuse qui désapprouve de se faire tatouer.

Il faut donc pouvoir isoler des influences que nous subissons et qui proviennent de nos ancêtres parmi une série d’autres influences.

Les influences provenant du passé familial

Ce qui nous intéresse :

  • C’est de repérer, parmi ces influences, celles qui procèdent de la manière dont le passé familial s’est déroulé.
  • Et de voir ensuite comment s’est transmise cette influence en pouvant s’appuyer sur des informations généalogiques.
  • Peu importe si d’autres facteurs sont également à l’œuvre et interagissent avec ceux provenant d’un passé familial.

Autrement dit, une influence est ici conçue comme un élément du passé familial qui est parvenu jusqu’à nous. Il reflète la manière dont s’est déroulé le passé familial.

Cette approche soulève également la question de la transmission

Si on veut faire parler sa généalogie grâce à l’histoire, trouver ce qui peut avoir été transmis, c’est procéder :

  • de manière impartiale : sans prendre parti de manière anachronique ;
  • avec la possibilité de vérifier dans sa généalogie ;
  • en recourant à des pratiques inspirées du métier d’historien.ne.

 Il s’agit alors d’éviter deux grands pièges.

Piège n°1 : confondre la mémoire (familiale) et l’histoire (de famille)

Au contraire de l’histoire qui doit être impartiale et neutre face au passé, la mémoire instrumentalise ce passé en fonction des nécessités du moment.

Il en va de même de la mémoire transmise dans une famille. Elle privilégie les souvenirs et utilise (souvent en les sélectionnant) les faits passés pour défendre une perception dictée par les impératifs du moment : un tel s’est sacrifié, un autre aurait dû être reconnu mais ne l’a pas été en raison de telles circonstances et donc on s’invente une créance morale actuelle.

Piège n°2 : présumer que c’est inné

Certains généalogistes se sont longtemps efforcés de retrouver, voire de se réapproprier, ce qu’ils considéraient prétendument comme des traces, des résidus ou de nouvelles manifestations de vertus familiales anciennes.

Il s’agissait de s’emparer d’un aspect d’ancêtre à connotation remarquable ou positive pour le transformer en un trait familial acquis à jamais (le sens des affaires, le courage, être un notable, …).

Or il est impossible de « devenir inné » à travers le temps : on ne peut postuler une puissance de l’hérédité à même d’assurer la survivance d’un trait familial.

Heureusement, ce travers semble aujourd’hui s’estomper.

Et donc comment va-t-on s’y prendre ?

Il est possible de déterminer les influences que le passé familial peut exercer sur soi-même :

  • en partant de sa généalogie et en faisant une incursion dans l’histoire de sa famille ;
  • de manière impartiale ;
  • sans tomber dans les 2 pièges que l’on vient d’évoquer.

En objectivant sa recherche !

Une solution en 2 étapes :

  • Au cours de la première étape, on s’intéresse à ses ancêtres (on part de la généalogie) pour y trouver des aspects qui se sont reproduits à chaque génération et qui nous concernent également.
  • Au cours de la seconde étape, on cherche à identifier la manière dont un ancêtre a pu introduire cet aspect du passé familial tel qu’il s’est transmis. 

En savoir plus ? Découvrez le tutoriel Les ancêtres qui ont influencé ma vie

Share This